Colère : 15 ans pour ça ? #présidentielles2017 #Hamon2017 #hauteloire

Le 21 avril 2002, le visage de Le Pen, père, s’affichait sur l’écran de télévision, avec sa suite de cris, de pleurs, de honte, de manifestation. Hier soir, face au visage de Le Pen, fille : rien. Comme s’il était devenu normal d’avoir les représentants du racisme et de la haine au 2nd tour de notre élection présidentielle.

Je suis aujourd’hui dans une situation similaire à celle de 2002, et bien pire encore, compte-tenu de la participation élevée, et des suffrages très fort enregistrés par Le Pen. En face, Macron triomphe d’une campagne où tout, tout a été fait pour le favoriser : par la droite corrompue, par les terroristes islamistes, et par la gauche. Je prendrai mes responsabilités pour faire battre Marine Le Pen le 7 mai prochain mais je ne donnerai pas un quitus au candidat libéral. Je considère que les annonces de Macron ne sèmeront qu’un peu plus de désespoir et de précarité, le sourire en plus, préparant l’arrivée de Le Pen au pouvoir 5 ans plus tard. Ce n’est pas sur le thème de la mondialisation heureuse que l’on redonnera espoir aux plus fragiles. Ce n’est pas en s’extasiant de l’Europe telle que nous la connaissons que la confiance renaîtra. Ce n’est pas en expliquant qu’il faut libéraliser à outrance que l’on garantira à nos concitoyens une vie de qualité. Sans remise en cause des politiques austéritaires aveugles et contre-productives, sans prise en considération des impératifs environnementaux, nous réenclencherions, à nos risques et périls, la machine infernale. Arrêtera-t-on de jouer ?

Le quinquennat qui s’achève a semé le trouble auprès des militants, des sympathisants et des citoyens de gauche en général. La politique menée en matière économique n’a pas répondu aux aspirations de redistribution sociale. Déboussolés, nous sommes partis partis dans cette campagne avec une primaire qui aurait pu donner de l’élan à notre candidat. Honteusement, les irresponsables socialistes se sont ligués pour abattre Benoit Hamon dès le départ. Ils ont ainsi largement contribué à la colère des citoyens qui ne croient plus, à raison, aux paroles de ceux qui ne respectent décidément rien. Non, la droite et la gauche, ce n’est pas la même chose. Le quinquennat de François Hollande a brouillé les lignes, en faisant croire qu’une seule politique serait possible : il n’en est rien.

La remise en cause des dogmes libéraux, le profond questionnement des politiques à conduire en matière sociale, économique, environnementale, démocratique ont forgé une campagne dynamique. Benoît Hamon, le candidat en avance sur son temps, sûrement.

Localement, je tiens à remercier les citoyens, pour la plupart sans engagement partisan, pour leur travail de conviction. Si le score est difficile, la campagne trace un sillon pour l’avenir.

L’unité de la gauche alternative aurait certainement permis d’imposer des thématiques fortes, et d’avoir un candidat au 2nd tour. C’est avec colère que je constate que les égos, les stratégies et les appareils se sont levés contre cette dynamique salvatrice. Je reconnais à Benoît Hamon d’avoir tenté cette approche au lendemain de la primaire, en vain. Pouvait-on sérieusement lui demander quelques semaines plus tard de retirer sa candidature ? Pouvait-on faire fi des égarements, notamment sur la politique extérieure ? Je ne le crois pas. Dans tous les cas, seules des rencontres constructives pouvaient faire avancer cette unité, mais le refus s’est imposé. Et puis, …. les votes « stratégiques » pour Macron et Mélenchon ont supplanté la question programmatique : c’est révélateur d’une démocratie qui va mal, qui d’élection en élection, a perdu son sens.

Mélenchon a réussi à rassembler autour de sa candidature, notamment une jeunesse en mal de choix clairs, il faut le reconnaître et le saluer. Il est désormais temps de sortir des sentis battus pour tracer une nouvelle voie. Nous ne devons pas nous résigner et les législatives qui s’annoncent pourraient être le premier acte d’une recomposition positive, d’autant que si Macron devenait Président de la République, rien à ce jour ne lui garantirait une majorité parlementaire claire.

 

 

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