Le Puy-en-Velay a droit à la loi de la République !

Après 172 h de débats à l’assemblée nationale et au sénat, après des échanges parfois vifs dans lesquels se sont distinguées des réflexions de diverses sensibilités et profondément respectables, après le jugement du conseil constitutionnel, après le décret de notre Président qui s’était engagé à ce propos durant la campagne, la République inscrit dans le marbre le mariage pour tous.  Les siècles de stigmatisations, de mépris, de persécutions débouchent enfin sur une avancée historique qui concrétise enfin le droit à la reconnaissance de l’amour porté à autrui et ce, quelque soit son orientation sexuelle. Je m’en réjouis en tant que progressiste et homme de gauche. Concernant la filiation, cette loi met fin à la fois à une inégalité (les couples homosexuels les plus aisés pouvaient facilement devenir parents à l’étranger moyennant finance) mais aussi à une hypocrisie notoire (les célibataires pouvant adopter depuis 1966) et permet une sécurisation des droits de l’enfant, ses deux parents désormais reconnus devant la loi.

Bien malheureusement, ces débats relatifs à un sujet sociétal fort et structurant furent émaillés par des dérapages :

-au sein de l’assemblée nationale tout d’abord, on retiendra notamment le député UMP Philippe Cochet selon lequel la gauche « assassine des enfants ».

-d’extrémistes violents, fascisants pour lesquels l’homosexualité serait contre-nature et devrait être répréhensible pénalement. (ce n’est plus le cas depuis le 20 décembre 1981 grâce à l’abrogation de l’article 331 du code pénal par la gauche, au grand désarroi d’un certain F.Fillon qui vota contre)

-d’opposants fermes au texte pour des raisons strictement religieuses : citons la caricaturale et inénarrable C. Boutin pour laquelle « les gays sont partout » notamment au festival de Cannes, et qui peut dans le même temps s’enorgueillir d’être mariée à son cousin germain sans que cela ne la fasse sourciller.

-par des élus de la République, par des députés, par des maires, par des officiers d’état-civil censés symboliser la loi française dans toute sa splendeur. Le débat parlementaire ayant eu lieu, chacun devrait s’y conformer.

Pourtant, Laurent Wauquiez s’inscrit dans une démarche opposée et prétend faire de notre ville un ilôt de résistance au mariage pour tous. En effet, notre premier magistrat refuse de célébrer cette cérémonie pour les couples homosexuels. Dans cette posture, il est rejoint par deux de ses adjoints (Mmes Bénat et Portal) qui ont signé une pétition en ligne en ce sens. Le doute plane sur les autres conseillers du maire. L’officier d’état-civil qui marie n’a pas à approuver personnellement une union (pensons aux dérives alors envisageables !), il a le devoir de porter la voix de la République. Cette situation est intolérable. Une et indivisible la République que je conçois n’est pas à géométrie variable : elle ne dépend pas de notre élu local.

Les propos de L. Wauquiez tenus dimanche soir sur BFMTV retranscrivent ses prises de positions : pour lui, conformément à ses dires, « l’homosexualité est contraire à (ses) valeurs ». En confondant valeur et orientation sexuelle, il s’inscrit fidèlement dans un schéma de pensée empreint d’intolérance selon lequel la sexualité d’un citoyen conditionne son être social. Non, décidément, ces valeurs-là ne sont pas les miennes !

Quand il tente d’excuser ses paroles indignes de la veille, notre maire ose le fameux « allo, quoi » pour faire « jeun’s » sans doute : mais quel mépris, quelle indigne légèreté ! Les Ponots ont droit à la loi de la République.

Laurent JOHANNY

secrétaire de la section PS du Puy-en-Velay

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